Sommaire
Maquettes
Techniques
Pour remonter le temps ...
Qui suis-je?
Musées et archéosites
Chantiers
Images de synthèse
Liens
Documentation
Marle juin 2001
CD Roms

 Email : Jean-Rene.Chatillon@wanadoo.fr
r

 

Des maquettes pour remonter le temps

J'ai commencé à construire mes premières maquettes en rapport avec l'archéologie voici une vingtaine d'années. Beaucoup de maquettes ont été réalisées depuis, dont les trois quarts se trouvent dans les salles du Musée Saint- Rémi à Reims. D'autres maquettes sont à Compiègne, à Auxerre, à Charleville, à Paris, à Versailles ou à Bruxelles.

Ces maquettes couvrent une vaste période de temps qui va du Paléolithique moyen au 12e siècle de notre ère. Ces reconstitutions proposent une image du passé et intègrent les données de fouilles récentes et d'études spécialisées (
archéozoologie pour la faune, archéologie expérimentale pour les habitats par exemple, anthracologie et palynologie pour la reconstitution des paysages).

Chaque maquette s'efforce de vulgariser une série d'informations sous une forme attrayante, immédiatement lisible et accessible pour tout public, en alliant exactitude scientifique et qualités esthétiques, sens du détail, réalisme et authenticité.

Le maquettiste ne se contente pas de fabriquer des éléments épars, il doit aussi les assembler de façon cohérente et réfléchie, les organiser dans un espace restreint, en élaborant un sens de lecture qui permettent de les associer et de les relier, qui les rendent suffisamment transparents pour que la nature et le sens des activités représentées soient facilement reconnaissables, pour que la fonction des objets utilisés soit suffisament évidente, pour que les objets eux-mêmes soient clairement identifiés et soient suffisamment ressemblants pour renvoyer éventuellement aux objets grandeur nature qui figurent dans les vitrines du musée.

Les maquettes permettent de rendre compte des activités humaines les plus diverses, à travers toutes les civilisations et toutes les périodes de la préhistoire, de la protohistoire et de l'histoire : scènes de chasse, agriculture, élevage, habitats, techniques artisanales, religion, art, coutumes funéraires.

On peut ranger les maquettes en deux catégories :

1.
Celles qui font référence à un site précis, qui exploitent des données de fouille et tentent de synthétiser et de mettre en forme toutes les informations relatives à ce site, y compris en essayant de combler les vides que la fouille n'a pas pu réussir à combler. Elles essayent de représenter une réalité appréhendée sur le terrain à travers des plans, des coupes, des relevés, des photos, des dessins, et un rapport de fouille apportant parfois plus d'interrogations que de réponses.. Rien n'est plus difficile à reconstituer en trois dimensions que le vide ou que des interrogations!

2.
Celles qui s'efforcent de restituer une activité particulière, une tranche de vie à une époque donnée et qui utilisent en les "panachant" des informations recueillies sur plusieurs sites de la même période.


Un projet de maquette se prépare de différentes façons:

-
sur le terrain , quand c'est possible, pour comprendre la topographie du terrain, pour percevoir la taille et la forme d'un hypogée SOM par exemple.

- en allant voir à quoi ressemble la charpente d'une maison protohistorique
sur un site d'expérimentation archéologique, tout en s'imprégnant de l'ambiance d'un habitat, en y observant la couleur et la patine des matériaux, l'usure des sols, le désordre qui s'installe dans les lieux fréquentés par des animaux et des hommes.

- en travaillant régulièrement sur des
chantiers de fouille afin d'y apprendre à lire et à interpréter des structures archéologiques.

- en allant voir
en ULM ou en avion à quoi ressemble un paysage et comment s'y fondent et y apparaissent les traces d'occupation humaine au cours des siècles.

- en compulsant enfin, des monceaux de
documentation de toute nature : livres, publications spécialisées, plans, photos, dessins.

- en mettant à l'échelle des
plans qui serviront à construire des reliefs correspondant au plus près à la réalité d'un site.

Une maquette a comme point de départ un cahier des charges détaillé, et sa construction se fonde sur un plan général des structures, avec des zones de circulation à faire apparaître, des plans de bâtiments, des croquis en volume, des coupes de four à reproduire avec exactitude, un tour à construire en miniature, de formes céramiques à fabriquer en série et nécessite des dizaines d'heures de travail pour aboutir au résultat final.